vendredi 30 novembre 2012

Et si tu étais.... séropositif...

Autour de moi, deux personnes très proches ont été touchées par le VIH (virus de l'immunodéficience humaine). Voir ces amis perdre pied après avoir appris une telle nouvelle n'est pas facile. Tu ne sais pas comment réagir. Tu peux imaginer ce qu'ils ressentent mais tu ne peux pas vraiment comprendre tout ce qu'ils vivent. 

En apprenant qu'ils sont séropositifs, l'un comme l'autre s'est replié sur lui-même en voulant éviter tout contact avec d'autres personnes, ayant trop peur de transmettre à leur tour l’incurable virus. Puis, il y a presque un an, mes deux amis ont vécu en même temps des situations similaires en rencontrant quelqu'un. Rien que ça, c'est déjà un pas énorme! Il leur a fallu reprendre confiance en eux, ne pas se voir comme des armes biologiques vivantes. Dans les deux cas, mes amis s'armaient de courage afin de trouver un moment pour annoncer le triste diagnostic à leurs partenaires respectifs. Je me souviens que j'ai essayé de les aider comme j'ai pu. En donnant un conseil ou un autre sur les réactions à éviter ou comment se tenir devant l'autre ou quoi lui dire... Mais je n'en savais rien: je ne vivais pas ce qu'ils vivaient.

Au moment de l'annonce, mes amis ont dû affronter le rejet, la colère, la peur ou je ne sais quoi d'autre.
Il y a celui dont le partenaire a voulu traverser le département pour aller prendre le traitement post-exposition  malgré que mon ami lui expliquait qu'ils n'avaient couru aucun risque ensemble. Mon autre ami a vu son partenaire s'effondrer comme si le poids du monde lui tombait sur les épaules et qu'il était déjà trop tard.
Aujourd'hui encore, je ne sais pas comment ils ont pu faire l'un et l'autre pour tenir le coup. Dans les deux cas, ils ont été vus comme des armes de destruction massive.

Moi-même, je sais que je n'ai pas toujours été au top. Il m'est arrivé de dire des choses et de laisser des silences qui étaient blessants. Auprès de mes deux amis, j'ai appris (c'est déjà ça) et ai pris conscience des erreurs faites à travers la prévention contre le SIDA. Depuis 30 ans, la communication est "matraquante" afin de sensibiliser et d'informer au maximum les français. Je me souviens de certaines soirées où les 6 chaînes de télévisions diffusaient en même temps un programme unique: le SIDACTION. Toute cette communication nous disait qu'il faut se protéger au risque de tomber malade, qu'une maladie mortelle se cache derrière chaque amant.

Je n'irais pas dire que la prévention n'est pas utile. Loin de là. Mais je pense qu'elle ne prend pas suffisamment en compte la vie des séropositifs. Pendant des siècles, les lépreux ont été exclus dans des camps, il ne faudrait pas que cette prévention ait le même effet social. Combien de personnes séronégatives ont réellement pris le temps de penser à une situation et de s'imaginer à la places d'un séropositif? Certainement pas assez...

On a tous des secrets que nous voulons absolument cacher parce qu'ils nous rendent plus ou moins honteux. Mais qu'est-ce que la honte? Ni plus ni moins que le regard des autres qui nous fait paraître diminuer ou inférieur. Imagine alors qu'un de tes secrets ne crée que de la peur et du rejet lorsqu'il est révélé.... ou qu'il te fasse perdre ton boulot, tes possibilités de crédit, une majorité de tes amis et connaissances, ton partenaires ou tes relations,... Tout ça existe! Et ce sont tous ces rejets qu'il faut combattre aujourd'hui en acceptant de la façon la plus naturelle les séropositifs dans notre société.
Laurent Micas
photo Arthur Bensana




Thierry Deschemin a pu rapprocher ce sujet de la coiffure:
Voila plusieurs années que L'Oréal professionnel s'est engagé aux côtés de ONUSIDA avec l'opération Coiffeurs contre le SIDA. Des milliers de coiffeurs, en France et à travers le monde, participent à ce projet en relayant les informations à leurs clientes. Des informations de prévention et d'éducation avec un questionnaire basique afin d'en apprendre un peu plus à ceux qui savent juste que "le SIDA c'est mal".

En coiffant les artistes dans les coulisses des spectacles pour les Restos du CoeurThierry Deschemin (salon Thidesarts, Paris 17°) a vite sympathisé avec différentes personnalités dont Jenifer.
Cette année, Thierry a entraîné la jeune chanteuse avec lui pour la nouvelle campagne de Coiffeurs contre le SIDA. Ainsi, ils pourront s'aider de la notoriété pour mieux faire passer le message de prévention et de tolérance. 


Thierry Deschemin et Jenifer pour Coiffeurs contre le SIDA
photo Stéphane de Bourgies


PS: Je sais que cet article parait un peu décousu. Les idées viennent un peu en vrac, selon les émotions. Je serais plus organisé dans l'écriture lorsque je parlerai à nouveau de coiffure.

samedi 23 juin 2012

De l'Inde à la Bohème, Kali Ratan est le trait d'union

Le réveil sonne. Plusieurs fois fois avant que je l'entende. En une demi-seconde, tout me revient en tête: je dois vite me préparer afin d'aller chercher mes affaires et me diriger vers le Vieux-Nice. Après m'être rapidement préparé, je m'exécute alors: passage au salon pour prendre tout le matériel nécessaire: brosses, séchoir, fer, extensions, bijoux,... Puis, je me rends dans ce quartier si typique de Nice avec des immeubles aux façades irrégulières, jaunes ou ocres, qui semblent danser les unes avec les autres tellement les rues sont étroites. Ici, je me mets alors au travail en coiffants les 3 filles prévues pour le shooting de la marque Les Secrets de Kali.

Avant cela, je dirais même que cette histoire a débuté il y a un an:
Un groupe d'étudiants de l'IPAG voulaient mettre en scène un défilé. Ils avaient alors fait appel à différents professionnels de la mode. Parmi ceux-là, on comptait plusieurs créateurs des Alpes-Maritimes, des maquilleuses, et moi accompagné de Benoit, l'apprenti du salon. J'avais alors coiffé toutes les mannequins du jour. Pour cela, j'avais dû m'entretenir avec chaque styliste afin de connaitre ses priorités et exigences. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de Kali Ratan (créatrice) et de son ami Christian qui m'avaient laissé carte-blanche.

photo Christian Rahal
coiffure Laurent Micas

Pour présenter l'ensemble de sa collection, Kali a prévu une quinzaine d'ensembles avec les bijoux associés dans un univers bohème, chic et glamour. "Les femmes que j'habille se sentent belles, très féminines et elles l'assument" me dit la styliste. Pour cette collection, Kali a privilégié des lignes simples pour les coupes afin de laisser la place aux tissus. Elle met beaucoup en avant le brocard qui est son coup de coeur. Cette année, la créatrice a choisi de compléter son travail en y associant des bijoux. Que ce soit des bracelets, des colliers, des chaines de chevilles, des bijoux de pieds ou des bijoux de tête... "Le tout doit pouvoir se porter en harmonie, en cohérence".

Pour les coiffures aussi, Kali Ratan veut une image métissée et toujours bohème, avec le thème du harem. C'est pourquoi elle a choisi trois filles très différentes. De mon côté, je mixe les textures: du bouclé, de la tresse, des couleurs... La styliste me donne une ligne directive puis accueille avec plaisir mes idées et propositions qui accompagnent ses créations. "Les coiffures semblent faciles à porter et à vivre pour les femmes. Il est bien qu'elles puissent s'identifier en les voyant et se les approprier. C'est un tout avec les vêtements et les bijoux", explique Kali.

photo Christian Rahal
sur la photo:
Ceryane (modèle)
Audrey Ortega (modèle)
Youness Valo Bousslame (photographe) et son assistante
Jil Ripault (maquilleuse)
(assistante styliste)
Kathy Kat (modèle)
Kali Ratan (styliste)